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Pixel & Béchamel

Optimiser le cloud

Optimiser son cloud, c’est bon pour la planète

 

optimiser le cloud

 

L’histoire, en opposition à la préhistoire, débute avec l’apparition de l’écriture et presque instantanément s’est posée la question de l’outil adapté à la transmission de cette écriture. Les débuts furent laborieux et la tablette d’argile aura vaillamment tenu son rang jusqu’à la découverte du parchemin et du vélin, suivi du papier (la chronologie reste incertaine).

 

Quelle que soit la technique utilisée, la rareté et donc la préciosité des documents anciens a rapidement imposé la conception d’espaces de stockage pour protéger ces supports de transmission de la connaissance. « Espace de stockage » est un terme bien laid pour décrire le merveilleux concept de bibliothèque et on ne songerait peut-être pas à l’utiliser pour décrire celle d’Alexandrie… et pourtant c’est bien de cela qu’il s’agit.

 

Faisons maintenant un bond en avant et projetons nous dans un temps récent : l’imprimerie, la photographie, l’enregistrement audio ou encore le cinéma ont été inventés. Chacune de ces innovations dispose de son propre support (papier, cire, vinyle, pellicule…) et c’est la maîtrise de l’informatique qui finira par unifier ces outils de la connaissance. Mais le monde est en marche, ou plutôt il court, et le numérique s’impose désormais à l’Homme comme une évolution sans fin, exponentielle.

 

Nous sommes devenus des ultra-consommateurs de contenus et la question de la pérennité de nos solutions modernes ne semble plus devoir se poser.

 

Et pourtant…

 

Nos ancêtres, par manque de moyens, vivaient avec la conscience de la rareté au point de ne cultiver que l’essentiel, avec parfois des méthodes pouvant amener à de véritables catastrophes comme lors de la destruction de la bibliothèque d’Alexandrie mentionnée plus haut. Notre paradigme est aujourd’hui bien différent et nous entassons tout, sans discernement. Comme la géniale (et certainement instable) photographe Vivian Maier empilait compulsivement les journaux jusqu’aux plafonds des pièces qu’elle occupait, nous accumulons une quantité incroyable de photos, de vidéos et de documents dont nous n’avons pas besoin et qui vont s’entasser sur les serveurs du monde entier, engendrant un besoin croissant d’espace de stockage numérique, donc de serveurs (cloud), de disques durs et de consommation électrique. Et ce n’est pas tout puisqu’en plus de conserver une quantité faramineuse de données inutiles, nous en consommons un volume impressionnant depuis que le streaming est devenu une composante essentielle de nos loisirs.

 

L’impact écologique de ce comportement n’est pas anodin. Il est difficile d’être précis mais on estime qu’il existe aujourd’hui environ 5000 datacenters répartis dans plus d’une centaine de pays. Certains de ces datacenters sont de gigantesques usines regroupant plusieurs dizaines de milliers de serveurs qu’il faut alimenter en électricité et qu’il faut refroidir en climatisant très fortement d’immenses surfaces. Il faut aussi entretenir ces bâtiments et, bien entendu, les sécuriser puisque ce sont des cibles tentantes pour les criminels ou pour certains Etats désireux d’en déstabiliser d’autres. En chiffres, la part globale du numérique dans les émissions de gaz à effet de serre s’approche rapidement des 5%, pour une consommation d’environ 10% de la demande mondiale d’électricité (2000 térawatts-heures).

 

Vous vous demandez peut-être pourquoi un studio photo comme Pixel et Béchamel prend le temps d’écrire un billet sur ce sujet ? Parce qu’il y a quelques semaines nous avons décidé de faire un grand nettoyage dans nos données. Bien entendu nous ne sommes ni Google ni Netflix, mais nous avons été sidérés de constater que, lors de cet exercice, nous avons supprimé quelques téraoctets de données que nous stockions, inutilement semble-t-il. Nos armoires contiennent un nombre significatif de disques durs, la vitesse de notre connexion internet devenait un sujet au fur et à mesure que notre système cloud se remplissait et même en indexant nos fichiers, nos recherches de visuels devenaient plus longues. Lorsque l’on réalise une séance pour une marque, notre priorité est toujours de livrer les meilleures photos possibles dans un délai court et comme beaucoup, nous avions tendance à repousser à « plus tard » le moment de trier nos photos pour nous débarrasser des fichiers inutiles.

 

En fin de compte, nous nous sommes délestés d’un grand nombre de données et nous nous retrouvons avec plusieurs disques vides et un stockage cloud étonnamment plus léger. En conséquence, nous avons annulé notre prévision d’achat de disques et nous n’envisageons plus d’augmenter notre stockage cloud avant un long moment. Notre bande passante n’est plus un souci et nos recherches dans nos archives ne sont plus aussi pénibles qu’elles ont pu l’être parfois. Nous y avons gagné en budget ainsi qu’en efficacité et en sérénité, c’est très important. Mais ce que cette petite expérience nous a apporté de plus fort, c’est notre prise de conscience que même un studio de photographie culinaire soucieux de ne pas gaspiller la nourriture (cf nos articles précédents) dispose d’autres leviers pour limiter son impact sur l’environnement. Le notre est infime, certes, mais il existe et nous allons nous employer à le limiter autant que possible.